Au départ, les réseaux sociaux n’étaient qu’un puissant moyen de mettre les internautes en relation les uns avec les autres, afin qu’ils se connaissent, échangent ou se rencontrent. Les entreprises ont vu tout l’intérêt qu’elles pourraient tirer de ces réseaux en termes de recrutement.
Facebook intéresse les chasseurs de têtes
Parmi ces réseaux, le plus emblématique d’entre eux, Facebook, a déjà ouvert ses portes aux professionnels et il intéresse le marché du recrutement : les candidats à la recherche d’un emploi, les salariés en veille comme les employeurs à la recherche de collaborateurs. Sur un site à vocation conviviale comme celui-ci, c’est la personnalité qui intéresse. "L’utilisateur à la recherche d’un emploi ou le salarié en veille sur son secteur ou sur un autre poste, montre sa part humaine, précise Frédéric Beck, consultant à l’Apec, il enlève sa casquette de candidat pour évoquer ses centres d’intérêts : son goût pour les voyages par exemple avec des photos à l’appui". Certains cabinets de recrutement comme Altaïde commencent à "chasser" sur ce nouveau site communautaire. A l’heure actuelle, ce sont surtout les secteurs high-tech, de la publicité et de la communication qui sont les plus actifs.
Areva, CSC, L’Oréal et Logica recrutent sur Facebook
60% des 60 millions d’adeptes de Facebook seraient en recherche d’un stage ou d’un premier emploi, selon un sondage réalisé par Jobmeeters.com, site de recrutement par cooptation. Un chiffre qui n’a pas laissé indifférent les groupes Areva, CSC, L’Oréal et Logica… En effet, ces derniers proposent désormais à leurs collaborateurs d’importer sur leurs pages Facebook l’application "Work with me", créée par l’agence de communication RH TMPNEO. L’idée ? Permettre aux salariés de partager avec leurs amis les offres à pourvoir dans leur entreprise, selon un tri qu’ils auront fait au préalable. Une utilisation du Web 2.0 originale et intelligente pour les recruteurs !

LinkedIn, le réseau professionnel
D’autres réseaux sociaux sont clairement professionnels. Ils se consacrent uniquement au recrutement. C’est le cas de Linked In. Sa promesse tient en une phrase : augmenter la portée de son réseau et en tirer le meilleur parti, grâce à la puissance communautaire du web. Le site, créé en mai 2003, revendiquait en 2004 65.000 membres dans 80 pays (dont 20.000 professionnels du recrutement), inscrits dans l’espoir de trouver un emploi, de recruter un collaborateur ou de nouer des partenariats commerciaux. Aujourd’hui, LinkedIn ferait état de 20 millions d’utilisateurs dans le monde, réparties dans 150 entreprises. Il propose à ses membres de se rencontrer via des références professionnelles communes. Chaque utilisateur remplit une fiche d’inscription et invite ses contacts à rejoindre son réseau. Ces derniers font de même, et ainsi de suite, ce qui démultiplie la taille du réseau initial. L’utilisateur a la possibilité d’effectuer des recherches au sein de sa base de contacts directs ou indirects. Mais pour contacter un membre, il doit obligatoirement passer par les connexions intermédiaires qui doivent accepter de servir de référent. Les référents doivent remplir une fiche précisant la nature de leur lien avec le demandeur (manager, collègue, client, etc.). 1 000 demandes de références sont ainsi réalisées chaque mois. Selon Nielsen Online, qui analyse le trafic internet, LinkedIn a connu une croissance spectaculaire au cours de la dernière année, faisant un bond de 189%, déclassant MySpace (19%) et Facebook (125%).
Recrutements réels dans le monde virtuel
Les chasseurs de tête n’hésitent pas à aller encore plus loin et à utiliser les réseaux virtuels. Par exemple, l’agence de publicité spécialisée dans les ressources humaines, TMPNEO, à organisé Neo Job-Meeting, un salon virtuel de recrutement dans l’univers de Second Life. Après deux premières éditions réussies en 2007, TMPNEO a proposé en février dernier des rencontres autour d’une thématique précise (ingénieurs et techniciens, stage, premier emploi…). Pendant un après-midi, tous les candidats présélectionnés par les entreprises partenaires, et qui se sont inscrits sur Second Life, pouvaient dialoguer avec des recruteurs lors d’entretiens privés ; en savoir plus au sujet des opportunités d’emploi de chaque entreprise ; recueillir de l’information sur les entreprises à l’intérieur de leurs pavillons virtuels ; expérimenter un environnement virtuel en menant une recherche d’emploi active.
L’Apec, l’association pour l’emploi des cadres, a, quant à elle, noué tout récemment, en mars, un partenariat avec LinkedIn. Une démarche logique pour l’association qui n’a eu de cesse de valoriser les réseaux auprès de ses membres : des tchats sont même organisés pour leur apprendre à mieux utiliser et organiser leur réseau professionnel. Concrètement, ce partenariat permet aux membres de l’Apec d’accéder gratuitement, depuis le site de l’Apec , aux fonctionnalités de LinkedIn : une fois inscrit, les offres d’emploi sont accompagnées de résultats sociaux issus de LinkedIn indiquant qui dans votre réseau direct et étendu travaillent pour cette société. Un onglet communauté permet également d’exploiter les résultats de LinkedIn directement depuis l’interface (en français) de l’Apec. L’objectif de la mise en place de cette passerelle ? Qu’un tiers des membres des membres de l’Apec utilisent l’application LinkedIn début 2009. Quand à LinkedIn, ce partenariat lui permet d’entrer dans le marché européen, marché qu’il veut développer, son but étant d’atteindre les 100 millions de membres en 2010.
Forts des milliards d’informations d’ordre privé qu’ils recueillent, les réseaux sociaux constituent aujourd’hui un véritable eldorado pour le développement du business en ligne, qu’il s’agisse de recrutement ou de publicité personnalisée. Seul problème, mais non des moindres, celui de la protection des données personnelles. Un frein à la monétisation du trafic des réseaux sociaux et à leur développement ? "Pour l’instant, ce n’est pas encore une préoccupation majeure, note Jaap Favier, de Forrester, cela pourrait bien le devenir, au fur et à mesure que monte en puissance leur exploitation commerciale". En France, le CNIL recommande déjà prudence et vigilance aux utilisateurs, jugeant les réseaux sociaux sur Internet,"source de nouveaux enjeux en terme de protection de vie privée".
Via laposte.fr